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Les candidats à une entrevue qui sont confiants dans leurs possibilités et qui se montrent enthousiastes à l’égard de leurs travaux de recherche sont les plus susceptibles de réussir. C’est ce qu’affirment ceux et celles qui ont participé à l’embauche de membres du personnel.
La clé du succès, c’est de bien se préparer, selon Michael Piva et Neil Tudiver, deux universitaires chevronnés qui ont siégé à des comités d’embauche à plusieurs reprises. Ils recommandent aux candidats de se documenter le plus possible sur leur département éventuel et sur les intérêts des personnes qui en font partie.
Lisez le site web du département, les descriptions des cours offerts ainsi que les biographies et les publications des membres du personnel, et soyez disposé à engager des discussions et des conversations avec les professeurs et les étudiants tant au cours du processus officiel qu’en dehors de celui-ci.
« Vous ferez de nombreuses rencontres informelles tout au long du processus d’embauche. Vous devriez donc profiter de ces occasions pour établir des contacts et vous faire remarquer en manifestant de l’intérêt pour les travaux de vos interlocuteurs tout en parlant des vôtres », conseille Michael Piva. « La meilleure façon pour ce faire est de vous enquérir auprès des gens de leur domaine de recherche et de trouver un moyen d’établir un lien entre vos intérêts et les leurs. »
Voilà pourquoi, selon Neil Tudiver, il est très important d’arriver sur place frais et dispos.
« Les candidats doivent se rappeler qu’ils ne disposeront réellement d’aucun répit au cours du processus, car toutes les discussions, formelles comme informelles, auxquelles ils seront appelés à prendre part pèseront dans la balance », explique Neil Tudiver. « Les personnes qui vous rencontreront et vous interrogeront sont à la recherche d’un bon collègue, apte à bien s’intégrer dans le département et à se démarquer dans la salle de classe. »
Soyez confiant, avec la modestie qui s’impose
Les deux experts conseillent également aux candidats de parler avec enthousiasme de leur expérience de l’enseignement, de leurs travaux de recherche et de leurs plans futurs.
« Mais l’idée, c’est de se montrer confiant tout en demeurant modeste », signale Michael Piva. Ce dernier recommande aux candidats, au moment où ils présentent leurs travaux de recherche, de s’en tenir aux conclusions générales plutôt que de pousser les détails trop à fond.
« Mettez l’accent sur les aspects les plus intéressants de vos recherches et expliquez comment vos réalisations s’inscrivent dans le cadre d’une carrière de chercheur », ajoute Neil Tudiver.
Michael Piva souligne à quel point il est important pour les candidats de toujours établir un lien entre leurs activités passées et leurs projets à venir.
« Les personnes qui conduisent l’entrevue recherchent des candidats animés d’un engagement sans bornes à l’égard de la recherche. Elles veulent savoir si les travaux que vous avez menés jusque-là ne constituent pas une fin en soi, mais plutôt une étape d’une stratégie de recherche permanente », indique Michael Piva. « Comme toute bonne recherche soulève la prochaine question pertinente, assurez-vous d’évoquer cette question dans votre exposé. »
Adressez-vous individuellement à vos interlocuteurs
Les deux experts conviennent qu’il faut éviter de parler sur un ton monocorde et de lire son exposé mot à mot.
« Vous signeriez votre arrêt de mort en vous contentant d’apporter un document et de le lire », met en garde Neil Tudiver.
« Cela peut sembler évident, mais j’ai bel et bien vu des gens le faire et échouer à l’entrevue pour cette raison », ajoute Michael Piva. « Lorsque vous préparez votre exposé, vous devez présumer que les personnes présentes à l’entrevue ont pris connaissance de votre curriculum vitae. Vous pouvez donc faire mention de certains aspects du document sans toutefois en reprendre le contenu intégral. »
Michael Piva conseille d’utiliser un truc aussi efficace dans la salle de classe que dans la salle d’entrevue : établissez un contact personnel avec toutes les personnes présentes dans la salle en regardant chacune d’entre elles droit dans les yeux au moins une fois.
« Ne faites pas comme si vous preniez la parole devant une foule, adressez-vous à une seule personne à la fois », explique Michael Piva. « En lisant un document, vous ne pourrez établir de contact avec ces personnes. Et elles ne vous embaucheront pas si elles ne vous aiment pas. Ne projetez pas l’image de quelqu’un qui s’ennuie, car l’ennui, tout comme l’enthousiasme, est contagieux. »
« Les personnes chargées de vous interroger ne sont pas en quête d’un courbeur d’échine unidimensionnel. Elles recherchent quelqu’un qui est doté d’une personnalité propre, qui a des opinions, qui aiment certaines choses et n’en aiment pas d’autres », souligne Neil Tudiver.
Il est arrivé plusieurs fois à ces deux experts de terminer une entrevue sans être parvenus à obtenir suffisamment de renseignements sur le candidat. Dans un cas où la personne interrogée n’avait curieusement parlé que de son expérience de l’enseignement, Neil Tudiver avait appris par la suite que le président du comité d’embauche avait déconseillé à ce candidat de faire mention de ses travaux de recherche.
« Il est certes important de demander que vous soit précisée la nature de l’information attendue, mais, quoi qu’il en soit, vous devez assurément parler de vos recherches et de votre enseignement », prévient Neil Tudiver.
Respectez le temps alloué
Il est important de demander de combien de temps vous disposez pour faire votre présentation et de ne pas dépasser le temps qui vous est alloué.
« Les candidats doivent être attentifs au caractère ouvert des questions qui leur seront posées. Aussi doivent-ils être prêts à dire ce qui doit être dit et à faire ressortir les aspects innovateurs et intéressants de leur enseignement », souligne Neil Tudiver.
Afin de pouvoir mieux cerner les points forts de votre style d’enseignement, les personnes qui conduisent l’entrevue vous demanderont de proposer des solutions à des situations données. Comment vous y prendriez-vous, par exemple, pour susciter la participation d’une classe remplie d’étudiants apathiques? Que leur donneriez-vous comme travaux pratiques et pourquoi?
Lorsque l’on vous interroge sur l’enseignement à dispenser, recommande Neil Tudiver, soyez prêt à discuter par le menu d’un ou de deux cours. Si l’on ne vous demande pas de déterminer les cours que vous aimeriez donner, abordez vous-même la question et assurez-vous de pouvoir parler avec enthousiasme d’un cours en particulier.
Michael Piva conseille également de se montrer disposé à envisager toutes les possibilités d’enseignement. « À la question de savoir si vous seriez disposé à dispenser un cours qui ne correspond pas précisément à vos intérêts, répondez que vous êtes disposé à vous y employer. N’en faites pas trop cependant. Si des doutes vous habitent, exprimez-les, mais déclarez-vous prêt à faire preuve de souplesse. »
Rencontrez les étudiants
L’entrevue d’embauche est un long processus qui s’étend sur un jour et demi ou deux jours. Attendez-vous à avoir des entretiens avec le comité d’embauche, le doyen et, dans certains cas, le directeur de département. La liste de vos interlocuteurs et la durée de chaque entretien varieront selon la taille et la structure de l’université et du département.
Dans le cas où aucune rencontre n’a été prévue avec les étudiants, demandez si l’on peut vous en donner la possibilité. Si vous avez réellement l’intention de poursuivre des recherches, vous devriez tenir particulièrement à connaître le calibre et le degré d’intérêt des étudiants de deuxième et de troisième cycles.
« Les rencontres avec les étudiants sont très utiles parce qu’elles fournissent souvent l’information qui peut guider vos propres questions et discussions au cours des entrevues, ce qui en soi vous donne l’occasion de montrer que vous êtes attentif aux intérêts et aux préoccupations des étudiants », fait observer Neil Tudiver.
« Le nombre d’étudiants présents à ces rencontres est de plus un bon indicateur de leur engagement au sein du corps professoral. Si seulement trois sur 100 d’entre eux se présentent, vous pourriez vouloir en connaître la raison. »
Lisez la convention collective
Dans un dernier temps, les deux experts recommandent de lire intégralement la convention collective applicable aux membres du corps professoral. En plus de porter sur des questions pratiques telles que la couverture des frais de déménagement, la convention traite des questions cruciales à long terme en prévoyant, par exemple, les modalités d’attribution de la permanence et des promotions ainsi que les mesures de protection de la liberté académique.
« Non seulement ce document répondra-t-il à une foule de questions que vous ne devriez pas, de toute façon, poser à l’étape de l’entrevue, mais il vous permettra aussi de vous faire une meilleure idée de l’établissement concerné », conclut Neil Tudiver.
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